Dans ma cuisine, je change souvent les ingrédients selon ce qui est disponible chez moi. Je ne vais pas acheter quelque chose juste pour suivre une recette à la lettre. Je préfère utiliser les légumes et ingrédients que j’ai sous la main, ceux du jardin ou ceux qui restent dans le frigo. C’est une façon de cuisiner qui me ressemble : simple, pratique, et sans gaspillage (jamais! - sinon les poules en profitent).
La plupart du temps, on ne voit même pas la différence quand on remplace un ingrédient par un autre. De la bette à carde au lieu du céleri, un oignon rouge plutôt qu’un oignon jaune, un peu de kale au lieu des épinards… ça fonctionne très bien. Les recettes sont plus flexibles qu’on le pense. Parfois, c’est vrai, changer un ingrédient transforme complètement le plat. Et c’est correct aussi. On choisit selon le moment, selon ce qu’on a envie de manger, selon ce qui est prêt au jardin.
Cette façon de cuisiner s’inscrit naturellement dans une approche zéro gaspillage. Avant de penser à une recette, je regarde ce qui doit être utilisé en premier : les légumes qui commencent à ramollir, les restes d’un repas précédent, les récoltes qui arrivent toutes en même temps. Rien ne part à la poubelle si je peux l’intégrer quelque part. Une soupe, un sauté, un pain aux légumes, une sauce improvisée… il y a toujours une solution simple pour éviter le gaspillage. Mon bac de compost n'est composé que de reste de pelures d'oignons, de marc de café et de pelures généralement non comestibles - j'en fais une fierté.
Cuisiner en fonction des récoltes du jardin change aussi notre rapport aux repas. On ne planifie pas tout d’avance : on s’adapte à ce que la terre nous donne. Quand les courgettes arrivent en abondance, on les glisse un peu partout - pizza aux courgettes!? - miam. Quand les tomates rougissent toutes en même temps, on fait des sauces, des salades, des plats rapides. Quand l’ail est frais, on en profite pour en mettre davantage. C’est une cuisine vivante, qui suit les saisons et les cycles du jardin. Apprendre à conserver ses aliments est une compétence trop absente des cuisines en générale. Offrez-vous un autoclave en cadeau pour traiter les pots Masson, c'est révolutionnaire (informez-vous aussi des bonnes pratiques en conservations. Voir les indications du MAPAQ).
Cuisiner de cette façon enlève beaucoup de pression. On ne cherche pas à reproduire un plat parfaitement : on cherche simplement à se nourrir, à se faire plaisir et à utiliser ce qu’on a. Et souvent, ce sont ces improvisations-là qui deviennent nos meilleures recettes.
11 janvier 2026