Sans le ruisseau, Les jardins Montcalm n’existeraient tout simplement pas. C’est lui qui rend possible toute la culture. Le jardin est installé dans un endroit sans électricité, loin des réseaux, et le coût pour amener une ligne électrique jusqu’à la parcelle serait beaucoup trop élevé pour que ce soit réaliste. Alors, au lieu de forcer le terrain à s’adapter à nous, nous avons appris à fonctionner autrement, à vivre avec ce que le lieu peut offrir.
Pour nos besoins de base, nous utilisons des panneaux solaires et une génératrice. Ce n’est pas un luxe, mais une autonomie choisie : assez d’énergie pour les outils essentiels, pour charger les batteries, pour faire fonctionner ce qui doit l’être… et rien de plus. Cela nous oblige à réfléchir à chaque geste, à chaque dépense énergétique. On apprend vite à prioriser, à optimiser, à respecter le rythme du lieu plutôt que d’imposer le nôtre.
Pour arroser les plants, nous avons installé un système d’irrigation goutte à goutte. C’est un système simple, efficace et économique en eau, parfaitement adapté à un jardin éloigné des infrastructures. Il est branché à une pompe installée directement dans le ruisseau. L’eau circule doucement dans les tuyaux et nourrit chaque plant à son rythme, sans gaspillage. Lors des journées chaudes, on entend le léger bourdonnement de la pompe et le cliquetis discret de l’eau qui avance : un son qui rassure, qui dit que tout fonctionne, que les plants auront ce dont ils ont besoin.
Le ruisseau, c’est notre source, mais aussi notre baromètre. Son débit change avec les saisons : il est généreux au printemps, plus timide en été, parfois capricieux après de fortes pluies. On apprend à l’observer, à comprendre ses humeurs, à ajuster notre irrigation en fonction de lui. Il fait partie intégrante du jardin, autant que la terre ou le soleil. Grâce à lui, les légumes poussent même lors des semaines les plus sèches, quand tout autour la forêt retient son souffle.
C’est un élément essentiel, discret, mais indispensable, qui soutient tout le travail que nous faisons ici. Il nous rappelle que le jardin n’est pas un système isolé : il est relié à l’eau, à la forêt, aux saisons, à tout ce qui vit autour. Sans ce ruisseau, il n’y aurait ni tomates, ni laitues, ni fleurs comestibles. Il est la veine d’eau qui permet à tout le reste d’exister.
27 février 2026